Le CINU Togo rend hommage aux victimes de l’esclavage

Le Centre d’Information des Nations Unies (CINU) Lomé, a organisé du 19 au 25 mars 2019, une série d’activités pour rendre hommage aux millions de victimes de la traite transatlantique des esclaves, qui est, dans l’histoire de l’humanité, le plus vaste mouvement forcé de personnes innocentes.

Le 25 mars qui est la journée internationale du souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite négrière transatlantique, le centre a organisé dans ses locaux une exposition d’affiches du projet « l’Arc du retour », une projection d’un épisode de la série« Les routes de l’esclavage » et des échanges avec une trentaine de journalistes.

Réalisé par Daniel Cattier, Fanny Glissant et Juan Gélas, la série Routes de l’esclavage raconte l’histoire de l’esclavage de 476 à 1888. L’esclavage n’a pas commencé avec la traite négrière transatlantique, mais déjà à partir du 7ème siècle, l’Afrique était à l’épicentre d’un système mondial de traite des êtres humains. Au XVIIe siècle, les royaumes européens ont ouvert de nouvelles routes d’esclavage entre l’Afrique et les îles du Nouveau Monde afin de tirer profit de l’industrie du sucre. Avec la complicité des banques et des compagnies d’assurance, elles ont industrialisé les plantations et porté le nombre de déportations à des niveaux sans précédents. Près de 7 millions d’Africains ont été piégés dans ce système commercial mondial et soumis à une violence inimaginable et à des violations flagrantes des droits de l’homme.

En prélude à la journée, le Centre a organisé 19 mars 2019, une visite à la maison des esclaves d’Agbodrafo, pour 200 élèves de la classe de 4ème du collège privé « La Révélation ». Ces élèves qui ont l’esclavage au programme de leurs études, ont ainsi appris l’histoire de cette maison, une histoire intimement liée à celle du trafic des esclaves sur la côte transatlantique. Bâtie en 1835, la Maison Wood appartenait au marchand d’esclaves écossais John Henry Wood. Ce dernier pratiquait l’esclavage sur les tribus Aného celles de l’intérieur du pays. Gaskin Mensah,  responsable du site a conduit les élèves dans la cave afin qu’ils “puissent prendre conscience » de la position dans laquelle les esclaves devaient rester pendant des jours, des semaines voire des mois. Avant d’être «embarqués» vers les États-Unis, les esclaves étaient emmenés à un puits près de la Maison Wood appelé le « Puits des Enchaînés» pour un bain final. Ils sont ensuite forcés de faire 7 tours autour du puits pour assurer la perte de tout lien avec leurs dieux et croyances.

« La traite transatlantique des esclaves a été l’une des manifestations les plus effroyables de la barbarie humaine. N’oublions jamais ces crimes et les séquelles qu’ils ont eues, en Afrique et au-delà, par-delà les siècles », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans son message lors de cette Journée .

La traite transatlantique des esclaves s’est étalée sur plus de 400 ans. D’après les estimations de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), cette traite a déraciné 15 à 20 millions d’Africains qui ont été emmenés de force dans les Amériques et les Caraïbes. De 1501 à 1830, quatre fois plus d’Africains ont traversé l’Atlantique que d’Européens. L’héritage de cette migration est encore évident aujourd’hui, avec de nombreuses populations d’ascendance africaine dans les Amériques.